Copy
Pour voir cet email dans votre navigateur

(Re)travailler ensemble après le confinement

“Comme un lundi” est une capsule de quatre newsletters-fictions, complétée d’un atelier de partage. Ce format, lancé par le Maif Start Up Club, aborde des futurs possibles sous forme de fictions, racontées par des regards aiguisés sur les usages à venir. Son but n’est pas de prédire l’avenir, mais de poser des questions.
 

L'auteure de cette édition est Pauline Rochartconsultante indépendante et spécialiste des pratiques d’intelligence collective. Elle s’intéresse aux mutations du travail et des organisations à l’ère du numérique. Montée du travail indépendant, nouvelles formes de collaborations et communication managériale sont ses sujets de prédilection.

 Récit du futur 

Un futur possible, inspiré par le présent, ses tendances et ses signaux faibles.  

 


Lundi 7 Septembre 2020. 

Un air de rentrée pas comme les autres. Depuis le « déconfinement » en mai dernier, 60% de l’effectif de votre entreprise est passé en télétravail. Si avant l’épidémie, les RH autorisaient 1 jour de télétravail par semaine pour 4 jours de présence au bureau, le ratio s’est aujourd’hui inversé. 9h, vous entrez dans votre open-space. Les gestes barrières n’ont pas disparu et ce drôle de « check » de pieds a remplacé la traditionnelle poignée de main. Même si vous lui trouvez toujours un côté cocasse, vous vous êtes habitués à ce ballet de jeu de jambes. Sauf quand, comme aujourd’hui, Robert vous court dans les pattes en criant « attention, petit pont ! ». Vous n’êtes pas mécontent de ne le voir qu’une fois par semaine celui-là.

 

Votre réunion va commencer. Vous retrouvez l’équipe avec qui vous planchez depuis 3 mois sur le projet Modulov. Votre objectif : proposer une ligne de mobilier permettant aux collaborateurs d’aménager un espace de travail à la maison. Autour de la table ce matin, vous êtes 4 : la RH, le contrôleur de gestion, une designer freelance et vous. En visio, vous retrouvez vos partenaires « makers » : deux jeunes architectes talentueux et impliqués dans le fablab de votre ville. Vous teniez à développer ce projet en suivant deux principes : open-source et frugalité. Vous partagez les retours d’expérience des premiers prototypes : les collaborateurs sont ravis. Vous aussi, d’ailleurs, avez le sourire. Vous ne regrettez pas de vous être porté volontaire sur ce groupe de travail. Ces collaborations nouvelles vous plaisent et vous sentez l’équipe soudée. 

Le lendemain, vous retrouvez votre propre bureau aménagé dans un coin de l’appartement. Vous dépliez la table de salon modulable imaginée pour Modulov. Conçue en balsa (un bois ultra léger), réglable en hauteur, cette table a changé votre vie. Les douleurs de dos que vous éprouviez pendant le confinement ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Dans cet espace familier, décoré par vos soins, vous vous sentez particulièrement à l’aise. De nature plutôt introvertie, vous aimez ces longues plages de travail, concentré, à l’abri des sollicitations et du regard des autres. Ce télétravail généralisé a décidément bien des avantages : en solo, vous laissez libre cours à votre imagination, vous posez sur le papier des idées que vous n’auriez pas osé partager face à votre boss. Bref, l’intimité libère votre créativité. 

En parlant de créativité, il vous faut préparer votre discours pour le pot de départ de Julie, votre stagiaire, qui aura lieu dans 15 jours. Ce sera la première fête post-confinement dans l’entreprise. Avant le COVID, la petite cour de l’immeuble se transformait en piste de danse pour les derniers irréductibles. Vous n’étiez pas contre un petit rock sous les coups de minuit. A quoi peut bien ressembler la danse à l’heure de la « distanciation sociale » ? S’il faut respecter un mètre de distance, c’est peut-être l’occasion de vous mettre à l’électro. Vous sortez votre portable et envoyez un sms à Julie : « Daft punk, c’est bien pour commencer ? » 

Qu'avez-vous pensé de cette fiction ?
Elle vous semble probable ?
Vous donne-t-elle envie ou au contraire, vous effraie-t-elle ?

Dites-nous en plus, de manière anonyme et en moins de cinq minutes ! 
Nous pourrons ainsi tirer un positionnement collectif pour chaque concept de cette fiction.
Mon avis sur cette fiction
 Lundi dernier | Le debrief 
 
La fiction de la semaine dernière nous emmenait sur le terrain des outils et de la place de l'intelligence collective dans un monde de distanciation spatiale.
Pour la (re)lire, ça se passe ici.

Voici comment ont été perçus les concepts clés de cette fiction par les lecteurs ayant répondu au sondage :





N'hésitez pas à nous donner votre avis sur la fiction d'aujourd'hui. Vous retrouverez le positionnement collectif dans l'édition de la semaine prochaine.
Mon avis sur cette fiction

 Décodage du présent 

Les tendances et usages qui passent de la marge au normal

 

Travailler à la maison : dans quelles conditions ? 

Le basculement massif en télétravail pendant le confinement a fait émerger de nouvelles problématiques. De nombreux salariés ne disposent pas d’un espace aménagé pour travailler à la maison. Petits appartements, mobilier inadapté et peu ergonomique : les freins au télétravail ne sont pas seulement culturels, ils sont aussi matériels. Dans un futur proche, l’entreprise devra tenir de cette réalité et pourrait proposer une offre de produits (mobilier, équipement informatique, éclairage et/ou de services (abonnement dans des espaces de coworking, tiers-lieux…) dédiés aux collaborateurs en télétravail. L’occasion de nouer de nouvelles collaboration en externe ou de lancer un projet d’innovation interne.  

L’importance de la relation spontanée  

Le confinement nous a révélé à quel point nous étions des êtres de lien social. Nous avons besoin d’échanges spontanés, de partager des émotions communes. C’est aussi vrai au travail. Lieu d’échanges privilégiés, le bureau est un lieu de sociabilisation. Si la collaboration à distance est facilitée par les outils numériques, nous avons besoin de conversation. A distance, on communique. En face à face, on converse. La communication non verbale et kinesthésique joue un rôle majeur dans la relation à l’autre. D’où l’intérêt de maintenir régulièrement des moments de rencontres physiques entre les membres d’une équipe. Des moments de convivialité, des moments « de rien », bref l’inverse d’un « team-building » parfaitement planifié et orchestré.   

Se réunir autour d’un objectif fédérateur 

Pour autant, la relation ne fait pas tout. Le travail à distance interroge aussi ce qui nous permet de faire « communauté ». On ne travaille pas seulement pour se faire des amis (si ça arrive, tant mieux), on se réunit aussi autour d’un projet commun. C’est d’ailleurs la quête de nombreux salariés : je choisis de collaborer sur ce projet car j’y trouve du sens. Le sens et le sentiment de partager un objectif commun nourrissent l’esprit d’équipe. 

Respecter les préférences naturelles de chacun 

Si le bureau a d’innombrables vertus en matière de collaboration, notamment celle de faciliter les interactions directes entre collègues, c’est aussi le théâtre d’une formidable « comédie humaine ». On y va pour voir et être vu. Certains salariés, qui ont goûté au télétravail pendant le confinement, se sont sentis libérés de cette « contrainte sociale ». Si la proximité du bureau rend les choses plus aisées, il arrive qu’elle entraîne un certain conformisme : on n’ose pas proposer telle idée ou telle façon de faire de peur de « sortir du rang », d’être mal perçu. En télétravail, à l’abri du regard de leurs pairs, certains se sentent plus créatifs et assument davantage la part de subjectivité dans leurs productions. D’autres, plus extravertis, ont besoin d’interactions directes pour faire avancer leur pensée. Ceux-là attendent impatiemment le rendez-vous du lundi. 


Pour aller plus loin

🏠 Le confinement a braqué les projecteurs sur la sphère domestique comme lieu de travail. La maison a toujours été un espace de production pour des millions de travailleurs/travailleuses et ne concerne pas seulement les cadres en télétravail. 

😘 Dans ce très bel article (à lire ou à écouter), France Culture revient sur ce que la bise, et le toucher en général, révèle du lien social : « peut-on imaginer un monde sans bisou ? » 

📐 Conception de masques, de matériel médical, de respirateurs…le mouvement « maker » s’est particulièrement illustré pendant la crise du COVID. Ce modèle de la distribution ouverte va-t-il se généraliser ? Usbek et Rica en parle avec la sociologue Isabelle Berrebi-Hoffman, spécialiste de ces « communautés du faire ». 

 Les futurs du 

 Maif Start Up Club 

 
 Thomas Ollivier, CEO Maif Start Up Club, Responsable Développement et Partenariats B2B MAIF
 

Avant le confinement déjà, en parallèle du savoir-être nécessaire et de ses qualités essentielles aux logiques de collaboration et  de leadership collective, certaines entreprises engagées dans des dynamiques de modernisation de leur organisation et du management qui va avec, sur fond de mythe californien et d’endoctrinement à la culture startup, étaient tombés dans le piège du devoir-être. 

Sous couvert de belles intentions, ces entreprises participaient à une forme d’injonction du bonheur au travail, et malgré elles pouvaient imposer de nouveaux comportements impliquant parfois une superposition des valeurs personnelles et professionnelles, quand celles-ci n’étaient pas tout bonnement reformatées par un HappyOffier trop zélé.

Les nouvelles formes de travail subies ou choisies post-crise #Covid19, dont le télétravail, ne devraient pas dépassionner ces débats. Dans ce cadre, pouvoir poser et échanger nos expériences, nos réflexions, avec la force du collectif comme force de rappel, comme rétroviseur et levier de discernement, nous permettra sans doute de re-visiter ce sujet essentiel pour s’entre-aider, entre partenaires, à prendre les bonnes décisions d’organisation pour soi, et entre nous. 

L’expérience continue grandeur nature qu’est le Maif Start Up Club nous apprend que le caneva d’hybridation et de collaboration entre partenaire n’est jamais figé. Il s’adapte en fonction de la nature non seulement des partenaires, mais surtout des collaborateurs de chaque partie prenante, ceux du projet Modulov, de Julie, de Robert, et de leur collègue.  Avec une accélération anticipée des « façons de travailler », découlant des enseignements de la période #Covid19 et des adaptations ou alternatives de résilience mises en place, la diversité des formes d’autonomie des organisations mais surtout des individus va s’amplifier. Nul doute que les process d’agilité et de collaboration vont devoir s’y adapter et évoluer pour intégrer cette hétérogénéité de culture, collective ou individuelle, pour mieux jouer avec les aspérités de chaque partie prenante. 

Aujourd’hui cette clairvoyance, sans doute évidente, forme un matériau tacite, immatériel, de telle sorte qu’il peut parfois manquer de concrétude pour rappeler des conditions simples de succès, et après plusieurs séquences de feedback, des propositions de résolutions de problème tout aussi simples et évidentes s’imposent.

Aussi, avec la diversité des projets, des partenaires, des profils qui peuvent un jour interagir ensemble au sein de l’écosystème qu’est le Maif Start Up Club, définir quelques critères pour se rassurer par un sentiment d’appartenance à une grande communauté, pourrait relever au mieux d’une gageure, au pire à un commandement de « devoir être ensemble ». 

Or, le Maif Start Up Club se veut être totalement l’inverse. Loin de vouloir une culture commune, d’imposer une forme de bonheur au travail ou au télé-travail, nous souhaitons au contraire permettre chaque jour à un métissage de nos différences, car nous avons la conviction que l’émergence de nouveaux modèles de business, de services, d’organisation, plus durables, plus résilientes, viendra de la capacité de cet écosystème de partenaires affinitaire à rester « libres ensemble* ». Cette promesse est au cœur de notre mission, et comme nous l’avons déjà fait par le passé, nous continuerons de proposer les bons accompagnements à nos partenaires pour les aider à aller toujours plus loin, dans les bonnes façons de « re-travailler ensemble »

*En référence et hommage à feu l’espace coworking Mutinerie, berceau des grandes dynamiques collaboratives !

Comme Un Lundi est un format conçu par le Maif Start Up Club,
en partenariat avec Le Coup D'Après, collectif de design fiction.
Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par MAIF START UP CLUB pour Informations des utilisateurs. Elles sont conservées pendant 1 an et sont destinées uniquement à MAIF START UP CLUB. Conformément au Règlement (UE] 2016/679, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de limitation, de portabilité, d’opposition, de suppression, et vous pouvez définir des directives post mortem relative à vos données. Vous pouvez exercer vos droits en contactant : hello@maifstartupclub.com
 
Copyright © 2020 Maif Start Up Club, All rights reserved.


Vous souhaitez apporter des modifications à votre abonnement à cette newsletter ?
Vous pouvez mettre à jour vos préférences ou vous désinscrire.

Email Marketing Powered by Mailchimp