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Au Nevada, Bloomberg coule en direct

    Même s'il est trop tôt pour l'affirmer, le débat démocrate de mercredi soir pourrait mettre un coup d'arrêt à l'irrésistible ascension de l'ancien maire républicain de New York Michael Bloomberg. Le milliardaire à l'affiliation politique incertaine (bien qu'il ait abondamment soutenu le parti républicain, et ce jusqu'en 2018) y a donné une prestation catastrophique. Il est apparu faible, mauvais, et bien peu préparé à un exercice rude où on l'attendait pourtant au tournant. Attaqué de toute part sur les politiques racistes menées à New York, ses déclarations sexistes et les 40 plaintes pour harcèlement sexuel déposées contre lui et son entreprise par d'anciennes collaboratrices, la neuvième fortune mondiale a coulé en direct, bafouillant vaguement quelques excuses, bégayant d'inaudibles explications, tentant vainement de garder bonne figure alors que la crédibilité de sa candidature se désintégrait en direct devant des millions de téléspectateurs.
    Il l'aura pourtant voulu, ce débat. Il y a même payé sa place. Alors qu'une des conditions de qualification aux débats démocrates était d'atteindre un seuil obligatoire de donateurs, la direction du parti a supprimé cette règle pour permettre à Bloomberg, qui finance seul sa campagne, de participer aux débats. En novembre dernier, alors que des petits candidats étaient exclus des débats faute d'un nombre suffisant de donateurs, Mike Bloomberg signait un chèque de 300 000 dollars au Parti Démocrate et un autre de 800 000 dollars à un comité politique (les fameux PAC, Political Action Committee) affilié au parti. Et finalement, lors d'un débat au cours duquel les candidats de gauche Elizabeth Warren et Bernie Sanders n'ont pas retenus leurs coups, le ploutocrate Bloomberg a appris assez rudement que tout ne s'achète pas.
    Il était au centre de toutes les conversations. Alors qu'au niveau national, Bernie Sanders fait la course en tête, creusant son avance (plus de 10 points !), Bloomberg pointait tranquillement en troisième place, à deux doigts de doubler un Biden en perdition. Il était même sondé au coude à coude avec Sanders dans certains États du "super mardi" (3 mars). Le week-end précédent, excédé par les dépenses indécentes de son prédécesseur (plus de 400 millions de dollars rien qu'en publicité, et sans doute une somme aussi outrageuse en personnel qu'il débauche dans les autres campagne à travers tout le pays en doublant ou triplant les salaires et en les garantissant jusqu'en novembre), l'actuel maire de New York Bill de Blasio avait apporté son soutien à Bernie Sanders, arguant qu'il avait toujours travaillé "pour les travailleurs et leurs familles".
    Bloomberg était donc prêt à faire la course en tête avec Sanders. Il tentait de convaincre les autres candidats d'abandonner pour s'unir avec lui contre le grand méchant "socialiste". Il avait même laissé fuiter l'idée d'une Hillary Clinton comme colistière (elle le lui a refusé assez séchement depuis). Les électeurs démocrates, dont la principale préoccupation est aujourd'hui de battre Trump, se sont laissés embobiner par un matraquage incessant de spots tv montrant "Mike" sous son meilleur jour. Son ascension dans les sondages, réelle, ne reposait cependant que sur une image fabriquée, idéalisée, fantasmée. Une image qui a explosé en direct.
   Si les modérateurs ne se sont pas montrés timides en lui posant des questions difficiles, c'est sans conteste Elizabeth Warren qui lui aura porté les plus gros coups. Alors que Bernie Sanders a rappelé son soutien à la réélection de George W. Bush en 2004, très en forme, la sénatrice du Massachusetts l'a confronté à ses déclarations sexistes, au racisme systémique de sa politique sécuritaire à New York, avant de l'interroger avec insistance sur les contrats de non-divulgation signés par nombre de ses anciennes employées, l'achevant par un sévère "nous n'allons pas remplacer un milliardaire arrogant par un autre". Bloomberg, sonné, semblant se rendre compte qu'il ne pouvait ni renvoyer l'impudente qui osait se mesurer à lui, ni l'acheter en signant un gros chèque, est resté KO debout.
Oskar Kermann Cyrus

New Hampshire: victoire de Bernie Sanders, déni de l'establishment

    Après la débâcle en Iowa, le New Hampshire semblait un scrutin plus calme. Dans « l’État du granite », point de caucus aux règles opaques, peu de triche possible, un bon vieux vote à bulletin secret – la démocratie, en somme. Alors qu’il avait largement gagné l’État en 2016 face à la seule Hillary Clinton, la bataille s’annonçait plus difficile pour Bernie Sanders, dans une primaire où il faisait face à neuf autres candidats. Dans le lot: un Pete Buttigieg choyé par les médias et tristement couronné d’une victoire Trumpienne en Iowa – il gagne une majorité de délégués, mais perd le vote populaire. Malgré cela, Bernie Sanders l’emporte une nouvelle fois avec une participation en hausse comparable à 2008. Mais après cette victoire, le reste de la course reste ouvert, avec en embuscade un Michael Bloomberg qui semble bien décidé à se payer la nomination. Décryptage et Analyse. LIRE LA SUITE

Bill de Blasio : « J’ai passé six ans à défaire ce que Bloomberg a fait. »

     Son nom est sur toutes les lèvres, ou presque. Car si l’entrée en campagne du milliardaire Michael Bloomberg a fait les gros titres un peu partout dans le monde, les derniers sondages le créditent au plus haut de 6% des voix démocrates. Ça ne l’empêche pas pour autant de dépenser des fortunes dans sa campagne: en plus de l’achat de mots-clés sur Google, il a déjà dépensé plus de 30 millions de dollars en spots télévisés. Si ses motivations réelles restent floues, certaines voix s’élèvent contre l’indécence d’une telle démarche. Dans un récent entretien pour la web TV The Young Turks, Bill de Blasio, actuel maire de la ville de New York, accuse son prédécesseur de vouloir « acheter sa place » dans les primaires démocrates afin de « consolider le status quo ». LIRE LA SUITE

(not) Impeached ! – La sélection docs et podcasts

     18 candidats démocrates déclarés, déjà plus d’une dizaine d’abandons, la course à la Maison Blanche semble être, du moins du côté démocrate, un cirque sans nom. L’enjeu est pourtant de taille: Donald Trump, président corrompu, impulsif, violent, incompétent mais toujours populaire au sein de son électorat de 2016, ne sera probablement pas destitué à l’issue d’une procédure d’impeachment lancé par les démocrates. Malgré son évidente corruption et une quinzaine de témoignages très crédibles de femmes qui l’accusent d’agression et de harcèlement sexuels, « Le Donald » compte bien rester en place, et a de sérieuses chances d’être réélu en novembre prochain. La démocratie américaine n’a jamais semblé aussi malade, et une question se pose: comment en est-elle arrivée là ? Voici une petite sélection de séries et de films documentaires à regarder pour bien comprendre l’Histoire récente des États-Unis et les enjeux sociaux, politiques et économiques des prochaines élections présidentielles. LIRE LA SUITE

La socialiste Kshama Sawant fait voter la première trêve hivernale des États-Unis

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