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29 avril 2020

Bienvenue dans ce numéro #10 !


La désinformation est devenue, depuis quelques années, un fléau de notre époque. De par sa nature opportuniste, elle a tendance à se greffer à n'importe quelle crise, surtout lorsque celle-ci est mondiale, comme la pandémie actuelle. Nous avons vu fleurir sur Internet un florilège de théories conspirationnistes sur le covid-19, Du virus prétendument né dans un laboratoire chinois ou américain ou encore propagé par les antennes 5G, elles ont, à un moment donné, saturé les réseaux sociaux ou certains sites d'informations.

Cette contamination de l'esprit a tellement inquiété l'OMS, que le 2 février dernier, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus estime alerter l'opinion en affirmant : "Nous ne combattons pas seulement une épidémie, nous combattons une infodémie." Par ce néologisme, l'OMS entend signifier "une surabondance d'informations, certaines exactes et d'autres non, qui fait qu'il est difficile de trouver des sources dignes de confiance et des conseils fiables lorsque la population en a besoin". (pdf à télécharger)

Cette situation inquiète tellement qu'elle a suscité dans les médias et la presse, un redoublement d'efforts pour "fact-checker" et débusquer ces désinformations. Nous autres citoyen.ne.s avons de quoi nous y perdre. Qui croire ? Comment exercer notre esprit critique ? Comment éviter les bulles que les algorithmes des réseaux sociaux créent pour nous ? Et surtout avons-nous les moyens intellectuels pour ne pas naturellement tomber dans le piège de la désinformation ? Cette tendance, devenue aujourd'hui lourde, pourra-t-elle un jour s'inverser ou sommes-nous condamné.e.s à vivre avec pendant un long moment ?

Au sommaire de ce numéro :
Bonne lecture !

-- Dominique
 
 

Les réseaux sociaux se rebiffent


Souvent pointées du doigt pour leur hésitation habituelle à prendre des mesures efficaces pour lutter contre la désinformation, il semble que cette fois-ci les plateformes aient décidé de contre-attaquer et de passer à l'action.

Dans une déclaration commune concernant la crise sanitaire, qui fera certainement date, Reddit, Microsoft, Google, Facebook, Linkedin, YouTube et Twitter ont promis de lutter contre la désinformation qui circulent sur leurs sites. "Nous aidons des millions de personnes à rester connectées tout en luttant conjointement contre la fraude et la désinformation sur le virus, en augmentant le nombre de contenus faisant autorité sur nos plateformes et en partageant des mises à jour critiques en coordination avec les agences gouvernementales de santé du monde entier », ont déclaré les sociétés signataires. 

Mais concrètement, quelles sont les actions qui ont été mises en place ? Car malgré ces bonnes intentions, l'efficacité de la réponse apportée varie selon les entreprises. Ainsi, selon l'étude menée par le Reuters Institute, "Sur Twitter, 59% des tweets marqués comme faux restent en ligne, contre 27% sur YouTube et 24% sur Facebook et ce, sans avertissement."

Quant à Google, ils disent avoir installé une équipe 24/24h pour supprimer les fausses informations des résultats du moteur de recherche et de YouTube

Il aura donc fallu un virus pour que les réseaux sociaux prennent la mesure de la nocivité des fake news. On peut louer cette prise d'initiative, et se dire que dans le monde d'après, une déontologie s'applique définitivement pour enrayer l'infodémie.
 

Comment détecter une fausse information ?


Vous vous êtes certainement posé un jour cette question. Vous n'êtes pas journaliste, vous n'avez pas le temps de vérifier la source et quand bien même, exercer son esprit critique quand on ne maîtrise pas un peu le sujet, vous semble difficile. Vous lisez de temps à autres Les Décodeurs du journal Le Monde ou bien le Checknews de Libération, mais sans plus.

Dans le cas du covid-19, les informations fusant de partout, un des premiers réflexes à avoir est de se poser cette question, tout en respirant profondément (ne rigolez pas, une fausse nouvelle fait appel à l'émotion et la respiration sert à faire baisser d'un cran la tension provoquée) : faut-il partager l'info que j'ai devant les yeux ? Il existe de nombreux moyens pour s'assurer qu'elle est trompeuse ou pas. Un des premiers réflexes que vous pouvez avoir est de vous tourner vers l'OMS ou si vous n'aimez pas les grands machins, se tourner vers l'International Fact Checking Network, un forum international qui a créé le projet CoronavirusFacts. Il regroupe une centaine de vérificateurs qui publie et partage les faits sur le virus. Ces enquêteurs prodiguent des conseils aux journalistes, présentent des outils de vérification et toute une panoplie de conseils aux citoyen.ne.s pour identifier les fake news. 

En France, il existe différents sites web qui vous permettent de faire ces vérifications, le plus ancien et le référant en la matière est Hoaxbuster.
 

Le podcast à télécharger : Mécaniques du complotisme


> Episode 1 : Covid-19, une épidémie de fausses informations - complots et fake news made in China
> Episode 2 : Covid-19, une épidémie de fausses informations - le complot des blouses blanches
> Episode 3 : Covid-19, une épidémie de fausses informations - à la recherche de boucs émissaires 
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