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13 mai 2020

Bienvenue dans ce numéro #11 !


Après quinze jours de répit, la publication de Futuromium reprend son rythme normal.

C'est parti, nous basculons lentement dans le monde d'après, non sans une certaine appréhension. Doucement mais sûrement, nous allons reprendre une vie quasi-normale. Vraiment ? Posons-nous tranquillement la question, sans a priori. Notamment, lorsque nous regardons les photos de certaines cours de récréation, où l'on voit nos petits isolés des uns et des autres, dans des carrés virtuels ? Etait-ce un jeu imaginé par leurs instits' ? Ou leur a-t-on imposé de jouer uniquement dans leur pré-carré ?  Qu'apprend-on à ces enfants de 4-5 ans ? En fait, cette photo nous a fortement ému que nous les adultes. Le photographe, qui a pris le cliché, a tenu à expliquer le contexte : les enfants l'ont pris comme un nouveau jeu, encouragé.e.s à sauter, à jouer et à rire par les instituteurices et les assistant.e.s de maternelle. A vrai dire, en projetant ainsi nos peurs et nos fantasmes d'adulte, nous dessinons, sans vraiment le savoir, le futur de nos relations... 

Cette crise n'est pas une guerre mais un révélateur de notre humanité, disait le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Ce qui m'a frappé durant le confinement, ce fut la longue litanie des articles et des commentaires sur l'aspect pandémique (décès, infecté.e.s, guéri.e.s, zones rouges, oranges et vertes, etc.) et sur la gestion de la pandémie par le gouvernement. Très peu de reportages sur les mouvements de solidarité, sur ces liens qui se sont tissés au travers de toute la France... Nous avons eu des enquêtes déshumanisées et vécu une nette rupture de la confiance envers la puissance étatique. Cette fragilisation extrême de la relation à autrui n'inaugure rien de bon et entraînera un affaiblissement généralisé de nos libertés individuelles et donc de la démocratie, si nous la laissons continuer à se détériorer. Elle touchera aussi nos relations de travail, notre savoir-vivre ensemble, notre rapport au collectif quelqu'il soit...

Au sommaire de ce numéro : Bonne lecture !

-- Dominique
 
 

La Suède, cet autre pays de l'UE qui a choisi une stratégie complètement différente face au covid-19


Si vous ne le savez pas encore, la Suède est un des rares pays à ne pas avoir pris la décision de confiner ses habitant.e.s. Le gouvernement a choisi de tabler sur l'immunité collective. Cette décision a fait hurler bon nombre d'observateurs... exilés ou étrangers. Mais, ça ne fait hurler qu'eux, car les Suédois.e.s vivent très bien cette situation. On peut se demander légitimement quelle mouche a piqué le gouvernement suédois en allant à contre-sens de toutes les prérogatives scientifiques en la matière. En fait, comme toujours dans ce genre de situation, on réagit par ignorance.

La Suède a une longue tradition de respect des libertés individuelles et en conséquence, elle a donc opté pour une stratégie qui consiste essentiellement à faire confiance à ses habitant.e.s pour qu'ils respectent les mesures de distanciation physique et d'hygiène (télétravailler si possible, se laver les mains, etc.). Même si écoles et lycées sont fermées et les réunions de plus de 50 personnes interdites, les bars et restaurants et d'autres lieux sont ouverts. Initié par le principal conseiller scientifique du gouvernement, l'épidémiologiste Anders Tegnell, cette approche posée, fondée sur la confiance, fait que si certes il y a plus de décès que dans les pays scandinaves voisins, mais en contrepartie les Suédois.e.s n'ont pas de drones qui volent au-dessus de leur tête. De même, le débat sur une app de traçage numérique n'existe même pas et même si le gouvernement admet avoir fait des erreurs dans la protection de leurs aîné.e.s face au coronavirus, les citoyens suédois continuent à leur faire confiance.

Ce modèle serait-il exportable en Espagne, en Italie ou en France ? A l'évidence, non. Chaque pays a ses particularités locales. Le confinement en Espagne a été largement approuvé par sa population mais des drones sillonnent Madrid... Si vous y entendez des voix, elles viennent vraiment du ciel. Ici, la relation est autre. Le modèle suédois est donc à surveiller pour ce qu'il nous dira de l'après.
 

Une crise de l'interdépendance ?


Les relations internationales sont une des victimes collatérales de la pandémie. Le dernier épisode date d'hier avec la pression de l'administration Trump sur celle de Boris Johnson, à propos des futures relations commerciales avec la Chine. Pour résumer, les Etats-Unis menacent les Britanniques qu'en cas de relations bilatérales avec la Chine, le gouvernement américain se réserve le droit de se retirer des accords signés avec le Royaume-Uni. Depuis le début de la pandémie, des faits politiques majeurs s'accumulent qui n'augurent rien de bon. Les tensions qui se sont aggravées entre la Chine et les Etats-Unis, laissent présager de nouvelles tensions sur l'échiquier mondial, mais que dire de la résurgence dans le débat public de certains thèmes politiques qui avaient été relégués en arrière-plan : les frontières, la régulation de la circulation des biens ou encore faut-il sanctionner un pays, en l'occurence la Chine ?

Il nous faudra quelques mois, voire quelques années, pour comprendre les conséquences géopolitiques du coronavirus. A l'heure actuelle, nous ne pouvons que constater certains faits : la perte du leadership américain, les yeux se tournent désormais vers la Chine ; la pandémie a contraint l'ONU à changer ses règles de vote qui ont pris de court les Etats-Unis ; Quant à l'OMS, elle est fortement critiquée pour sa gestion calamiteuse du début de la pandémie en s'étant appuyée un peu trop sur la communication chinoise. Et que dire de l'UE ? A Bergame, en Italie, foyer de l'épidémie, ils attendent encore l'aide allemande ou française, là où Russes et Cubains ont depuis longtemps répondu présents. 

Sous nos yeux encore embrumés, nous venons peut-être d'assister à la fin du multilatéralisme et de la géopolitique à l'occidentale. Que restera-t-il de l'ancien monde dans les nouvelles relations internationales ? Il est encore trop tôt pour le dire... Mais le grand gagnant ne devrait pas être celui que l'on croit. 
 

"Dessous des cartes" s'intéresse à la géopolitique de la covid-19


Confinement oblige, l'excellente émission d'Arte, Dessous des Cartes, a du s'adapter. L'équipe de Emilie Aubry a donc proposé à ses téléspectateurices une série d'émissions, intitulée, "géopolitique du covid-19". L'idée est simple : en 10 min, zoom sur un pays, sur la manière dont il gère la pandémie, une interview d'expert puis petit rappel du contexte historique et politique de ces pays. Si donc, vous voulez en savoir sur comment le Mali, l'Arabie Saoudite ou encore la Corée du Sud gèrent cette situation, ces vidéos sont très bien faites et jettent un éclairage intéressant.
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