Voir la newsletter dans votre navigateur
Life Prairies Bocagères
Notre projet       |       Nos activités       |       Faites un don !       |       Devenez membre !

"Le Projet LIFE Prairies bocagères" - Lettre d'information n°3

En ce dernier mois de l’année 2013, l’équipe du LIFE Prairies bocagères vous souhaite d’ores et déjà de belles fêtes et vous invite à prendre de bonnes résolutions pour 2014. Pourquoi ne pas nous rejoindre lors de nos chantiers de plantation de haies ou de vergers en Fagne ou en Famenne ? A vos agendas…

Cette feuille de contact du projet LIFE Prairies bocagères parait tous les 6 mois et a pour objectif de vous tenir informé des avancées de ce projet. Pour une information générale sur le projet, nous vous invitons à consulter prioritairement notre site internet.
Bonne lecture !

L'équipe du projet LIFE Prairies bocagères
 

Sommaire :

Petit quizz pour vous avec quelques chiffres chocs à la clé…

  • Combien d’espèces végétales peut-on compter en prairie ? Réponse
  • Quel pourcentage de prairies a disparu en Wallonie depuis le milieu du siècle dernier ? Réponse
  • Parmi les prairies qui ont subsisté, quelle est la proportion de celles qui sont restées en bon état de conservation, c’est-à-dire qui ont toujours une flore typique et diversifiée ? Réponse
  • Quelle est la proportion des vergers, des mares et des haies ayant disparus en Wallonie ? Réponse
  • La disparition de nombreuses prairies, la dégradation de l'état de conservation  des prairies restantes et la raréfaction des éléments écologiques du bocage (haies, mares et vergers) ont eu des impacts importants sur certaines espèces animales, notamment les chauves-souris… Combien de colonies ont disparus depuis 1950 ? Réponse 
Ces chiffres n’ont pas l’objectif de nous effrayer mais bien de nous faire prendre conscience de l’impact que nous pouvons avoir sur nos pairs. Il est, en effet, inacceptable que l’homme soit la cause de ces extinctions d’espèces car en tant qu’être vivant doté de la plus grande forme d’intelligence, nous nous devons de respecter toute forme de vie. Outre ce respect altruiste pour la nature, une vision plus égoïste mais pourtant bien réelle est qu’il faut préserver la biodiversité car sans elle, c’est notre propre espèce que nous mettrions en danger… En effet, les prairies semi-naturelles fournissent de nombreux services écosystémiques tels que la pollinisation, la réserve d’insectes auxiliaires luttant naturellement contre les ravageurs des cultures, la qualité des eaux, le stockage du carbone et la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre l’érosion des sols, etc…
Il y a donc une série de services que nous garantissent les prairies semi-naturelles nous assurant un environnement de qualité pour toutes les espèces animales y compris bien évidemment l’homme. Les plus provocateurs d’entre-nous diront que la biodiversité ne sert à rien, si ce n’est à assurer notre propre survie !

Comment redonner des couleurs à nos prairies ?

Avant d’entreprendre nos actions de restauration pour les habitats prairiaux, nous avons mis en place trois essais de terrain afin d’évaluer l’efficacité des différentes techniques de restauration botanique en prairie. Nous avons notamment testé différents régimes de fauche ainsi que différents types de réensemencement : par épandage de foin, sursemis de graines moissonnées, sursemis de graines cultivées, sursemis de rhinanthe,… Ces essais nous dévoilerons leurs résultats dans quelques années. Parallèlement à ces essais, nous travaillons en collaboration avec le LIFE Herbages sur la réalisation d’un « modus operandi Â» afin de se fixer des balises concernant le renforcement de populations par apport de graines en prairie. Toute personne intéressée peut contacter le coordinateur du projet afin d’en savoir plus : thibaut.goret@natagora.be

Nous avons également réalisé cet été des relevés botaniques sur une cinquantaine de prairies RNA-Natagora de valeur biologique jugée moyenne ou faible (80 hectares), afin d’évaluer leur état de conservation. Des analyses de sols seront réalisées pour évaluer les teneurs en phosphore, élément limitant l’expression de la diversité botanique. En fonction de ces résultats, nous déciderons de quelle manière nous restaurerons les prairies qui sont dans un mauvais état de conservation. Celles étant dans un moyen, bon ou très bon état de conservation ne seront pas restaurées par ensemencement. Seule l’adaptation du régime de fauche pourra être envisagée pour les prairies étant dans un état de conservation moyen. Quant à l’arrêt de la fertilisation, il sera bien évidemment d’application sur toutes les prairies, comme partout en Réserve naturelle.
Chantier d'épandage de foins issus d'une parcelle de haute valeur biologique adjacente à cette  parcelle de faible diversité botanique. 

Des nouvelles de nos 6 espèces ?

Afin d’établir les actions de restauration de micro-habitats pour les espèces animales ciblées par le projet, nous avons entrepris dès le printemps 2013, des inventaires de terrains pour déterminer l’état des populations présentes. Pour ce faire, nous avons fait appel aux personnes compétentes et à tous les bénévoles prêts à s’investir dans ce travail d’inventaire. Voici le résumé des résultats actuels d’inventaires d’espèces :

Triton crêté :


Afin d’identifier les mares où le triton crêté est présent, nous avons réalisé des inventaires par la pose de nasses. Bien que ce travail sera poursuivi en 2014, nous avons déjà identifié 13 populations de cet amphibien sur le territoire du projet LIFE, y compris dans des mares en dehors des sites Natura 2000. La situation en Fagne est peu reluisante, seules 2 populations y ont été observées à ce jour. Nous multiplieront donc les efforts de prospection l'an prochain dans l'espoir de trouver l'une ou l'autre population supplémentaire et établir notre stratégie de déploiement d'un réseau pour cette espèce en sursis dans la région.  En Famenne par contre, nous avons observé 11 populations. L’espèce est bien présente au sein ou à proximité de nombreuses de nos réserves. Le potentiel de restauration de mares ou de creusement de nouvelles est donc fort important. 

Pie-grièche écorcheur :

Grâce à l’aide précieuse de nombreux bénévoles, nous avons pu réaliser un inventaire précis du nombre de cantons de pie-grièche écorcheur dans les zones ZPS des 10 sites Natura 2000 du projet. L’objectif de cette action est de mieux connaître les habitats utilisés par l’espèce afin d’identifier les priorités dans les actions de restauration du projet : plantation de haies et restauration de prairies extensives. Nous avons observés un peu plus de 200 cantons de pie-grièche écorcheur dans la zone de travail, dont 75 en Fagne (30 dans la plaine de l’Eau Blanche, 14 dans la plaine des prés de Virelles et le reste ailleurs, en particulier à Viroinval) et 125 en Famenne (particulièrement dans ou à proximité de nos réserves prairiales). Il est intéressant d’observer d’ailleurs à quel point la présence de cet oiseau dépend bien-sûr du réseau de haies mais également de la valeur biologique de la prairie. C’est ainsi que 60% des territoires de l’espèce comprennent des éléments de prairies de haute valeur biologique (UG2 Natura 2000). 

Agrion de mercure :

Afin d’évaluer  l’état des populations d’Agrion de mercure sur notre zone de travail, nous avons mis en  place le suivi de la seule grande population connue de Fagne-Famenne, dans  la plaine de Focant (Beauraing). Cet inventaire exhaustif avait déjà été réalisé en 2006 par les scientifiques du DEMNA. Fort de cela, nous avons décidé de remettre en place ce qui l’avait été 7 ans plus tôt. C’est  ainsi, qu’une dizaine de courageux ont  sillonné tous les fossés de la plaine (17 km) par une belle journée de juillet. En comparant les données des transects de 2013 avec ceux de 2006, on constate que la situation a peu évolué. L’espèce est toujours bien présente et les zones noyaux sont à peu de choses près similaires à ce qu’elles étaient auparavant. Le nombre d’individus était cependant nettement inférieur cette année (726 individus en 2013 contre 1694 en 2006), mais au regard des fluctuations naturelles des populations, il reste hasardeux à ce stade d’en tirer des conclusions. Tout espoir reste donc possible pour envisager de restaurer des fossés supplémentaires qui attireront cette jolie demoiselle. 
En parallèle de ce suivi, de nombreux autres fossés ont été parcourus par l’équipe tant en Fagne qu’en Famenne, espérant y retrouver l’espèce. Mais bien que notre zygoptère  ait pu être confirmé sur 3 tronçons de Famenne à quelques kilomètres de Focant, il n’a malheureusement pas été détecté en Fagne.  

Chauves-souris :

L’objectif de l’action était de préciser la situation des trois espèces  : le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et le Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) dans la zone de projet et d’évaluer les problèmes existants en terme de gîtes et d’habitats de chasse. Les techniques d'inventaires de ces mammifères discrets sont en pleine évolution technologique et il reste encore énormément de choses à découvrir et les informations que nous avons pu récoltées sont d'autant plus intéressantes qu'elles nous permettent d'identifier les priorités d’action à entreprendre sur le terrain. Nous réalisé ces inventaires à l’aide d’enregistreurs automatiques d’ultrasons placés la nuit dans des endroits présumés de passage ou de chasse des chauves-souris. Cinq enregistreurs (de type SM2bat+) ont été placés en 172 endroits différents entre Chimay à Rochefort durant presque trois mois. Bien que le traitement de l’information récoltée soit toujours en cours, nous pouvons d’ores et déjà attester la présence des trois espèces en Famenne. Nos réserves de Famenne sont particulièrement riches en chauves-souris rares puisque 5 réserves (Grand Quarti, Revogne, Comogne, Basse-Wimbe, Behotte, Ry d’Howisse) sur les 7 inventoriées dans la zone du LIFE accueillent au moins une des espèces ciblée par le projet. Mais le plus surprenant reste la détection du petit Rhinolophe, une espèce rare et peu mobile,  en de nombreux endroits de Famenne bien loin de la seule colonie connue actuellement... nous tenterons d'élucider ce mystère dans les années à venir ! Le Petit Rhinolophe est par contre absent de Fagne, mais les deux autres espèces ont été identifiées à plusieurs endroits. Le Grand Rhinolophe a été détecté en la plaine de l’Eau Blanche, dà proximité de Couvin ainsi qu’à Virelles. Le Vespertilion à oreilles échancrées est présent dans 3 réserves : La Prée, Le Fil Maillet et Virelles, ainsi que dans plusieurs autres sites hors réserve.
 
Quelques soirées de capture ont également été organisées dans le but de télémétrer des femelles pour retrouver les gîtes de reproduction.  Trouver les gîtes permet de les protéger efficacement et d’améliorer le territoire de chasse des chauves-souris à proximité directe de ces maternités. Nous avons eu la chance de télémétrer 3 femelles allaitantes d’une des espèces cibles cet été, nous permettant de découvrir un nouveau gîte

En parallèle à tout cela, nous avons parcouru de nombreux bâtiments, notamment les combles et clochers d’églises et de vieux bâtiment afin de retrouver de nouvelles colonies.  

Un plan d'action qui s'échafaude 

Suite à nos visites de terrain et aux rencontres avec les conservateurs et commission de gestion des réserves de Natagora, nous avons pu identifier plusieurs sites pour la réalisation de premiers travaux de restauration des habitats prairiaux et des micro-habitats favorables aux 6 espèces ciblées. Nos projets actuels sont résumés dans le tableau ci-dessous.
Ces chiffres montrent que nous avons déjà des possibilités d’action qui correspondent dans la plupart des cas à au moins la moitié des objectifs. Cependant, ces travaux de restauration ne seront effectivement réalisés qu’après avoir vérifié leur pertinence en fonction de la présence d’espèces, d’avoir vérifié la faisabilité sur le terrain et d’avoir l’acceptation des autorités compétentes concernant les permis d’urbanisme que nous devrons remettre dans certains cas. 
Le restant des travaux se concentrera principalement dans les nouveaux terrains acquis ainsi que chez les propriétaires privés tels que des agriculteurs, des communes ou d'autres  propriétaires qui seraient intéressés par notre intervention.

Quelques images des premiers tavaux sur le terrain

Certains travaux ont déjà été entrepris comme la restauration de 7 hectares de prairie par débroussaillage ou modification du régime de fauche. Par ailleurs, 10 mares sont déjà en cours de restauration grâce à des travaux de remise en lumière effectués avec l’aide de bénévoles. Un kilomètre de haie a été planté lors de l’opération « Planter pour Tous Â» avec une bonne cinquantaine de courageux bénévoles et la participation de la jeune chanteuse belge Noa Moon qui nous a offert un petit concert en fin de journée… Merci à elle !
Modification du régime de fauche sur certaines prairies en réserves
Epandage de foins à l'aide d'une pirouette agricole de manière à bien disperser les graines.
Débroussaillage d'une prairie abandonnées à l'aide d'un chantier d'entreprise
Remise en lumière d'une mare à Tritons crêté à l'aide d'un chantier d'entreprise
Remise en lumière de plusieurs mares lors d'un camp Jeunes&Nature
Chantier de plantation d'une haie d'un kilomètre lors de l'opération "Planter pour tous" 
Noa Moon, marraine de l'opération "Planter pour tous" au travail.
Il n'y a pas d'âge pour la conservation de la nature ...
Concert de Noa Moon lors de l'opération "Planter pour tous"
Copyright © 2013 Life Prairies Bocagères, All rights reserved.


Désinscription de le newsletter    Mettre à jours votre profil

Email Marketing Powered by Mailchimp