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COMMUNIQUÉ DE PRESSE


21 novembre 2014


Après la salamandre, les tritons en danger !

En mai de cette année, Natagora tirait la sonnette d’alarme face à une maladie prête à ravager nos populations de salamandres. Aujourd’hui, une étude de l’université de Gand met en lumière la dangerosité du pathogène pour nos populations de tritons également !
Dans un article paru dans la revue Science fin octobre, An Martel et ses collègues de l'université de Gand apportent de nouvelles informations sur le pathogène émergent qui a touché les salamandres de l'est de la Belgique et du Limbourg hollandais. Ils ont recherché ce champignon sur 5400 amphibiens venant des 4 coins de la planète et l'ont uniquement trouvé sur des animaux originaires d'Asie (Thaïlande, Vietnam, Japon), y compris sur un spécimen de musée de 150 ans.
Batrachochytrium salamandrivorans, ce champignon ravageur dont l'origine était jusqu'à présent mystérieuse, provient donc de cette région. Il serait récemment arrivé en Europe à cause des activités humaines. Il était probablement limité à certaines régions d'Asie par des barrières naturelles, mais à cause de la globalisation et du déficit de biosécurité, il a eu l'opportunité de se disperser en des endroits où il ne serait jamais arrivé tout seul.
Comme la faune des autres continents n'a jamais été confrontée à ce pathogène, les animaux n'y ont aucune résistance naturelle. En laboratoire, le champignon a des conséquences mortelles pour la plupart des urodèles (tritons et salamandres), mais pas pour les anoures (grenouilles et crapauds). 9 des 10 espèces d'urodèles européens testés y sont sensibles : tous les animaux confrontés au champignon succombent.
Plus particulièrement, pour notre région, outre la salamandre, 3 de nos 4 espèces de tritons (Triton crêté, Triton alpestre et Triton ponctué) sont susceptibles d'être impactées, ce qui est très préoccupant si le pathogène continue de se disperser sur notre territoire. Notre quatrième espèce (Triton palmé) a par contre l'air de résister.
Arnaud Laudelout, chargé de projet batraciens, ajoute : « À la différence de la salamandre et des 3 autres tritons, le Triton crêté est une espèce visée par le réseau européen Natura 2000. Les états membres ont donc l'obligation vis-à-vis de l'Europe de maintenir à long terme ses populations. Il importe donc d'investiguer sur l'impact de l'arrivée du pathogène, de façon à mieux comprendre ce qui peut être mis en Å“uvre pour préserver cette espèce. Mais, même sans obligation légale, une espèce remarquable comme la salamandre mériterait aussi qu'on se préoccupe de son avenir ! »
Aux Etats-Unis, le très sérieux New York Times a directement lancé l'alerte quant au risque majeur que ce pathogène émergent fait courir sur les amphibiens, spécialement les urodèles, à travers le monde. Depuis lors, le soufflé ne retombe pas et de nombreuses voix se font entendre pour une meilleure réglementation sur les importations d'animaux vivants pour le commerce terrariophile aux Etats-Unis. Espérons qu'ils soient entendus et que cette problématique soit aussi prise en compte en Europe!
Des programmes de recherche du pathogène sont en cours (2014) ou seront bientôt lancés (2015) aux Pays-Bas, en Flandre, en Allemagne et en France. Côté wallon, Natagora regrette l’inertie actuelle. Thierry Kinet, également chargé de projet batraciens pour Natagora explique: « Deux foyers d’infection ont été identifiés avec certitude en Ardenne belge en 2014 et c’est certainement le début d'une épidémie qui pourrait marquer irrémédiablement notre faune, voire celle de l'Europe entière. Il n’y a toutefois à l’heure actuelle quasiment aucun programme  de recherche en cours en Wallonie. Espérons que nos autorités responsables ouvrent les yeux sur cette menace qui inquiète au plus haut point la communauté scientifique partout dans le monde ! Â»

Note à l'attention des journalistes :


> Contact presse:

Thierry Kinet
 (chargé de projet batraciens chez Natagora) : 0474/99.83.24
thierry.kinet(at)natagora.be

> Afin d'illustrer vos articles concernant ce communiqué de presse, n'hésitez pas à télécharger :
  • Visuel 1 : Salamandre - Photo : Sébastien Pirotte
  • Visuel 2 : Triton crêté - Photo : Stéphane Vitzthum
  • Visuel 3 : Triton ponctué - Photo : Xavier Jansens
(merci de mentionner le nom des photographes)
Présente dans tout l’espace Wallonie-Bruxelles, Natagora
possède de nombreuses réserves naturelles, réparties sur plus de 4.300 hectares. Le grand objectif de l’association est d’enrayer la dégradation de la biodiversité et contribuer au rétablissement d’un meilleur équilibre entre l’homme et la nature.

 
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